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Mas d’Azil – Actualité et projets de la vie de l’Eglise (hiver 2009)

Écrit le 15/11/2009, dans Chroniques Mas d'Azil

L’Église Réformée Évangélique du Mas d’Azil aujourd’hui : un héritage lourd à porter, dans un sens, lorsque l’on considère que la même Église du 16e siècle continue à rendre son témoignage dans cette cité historique du Mas d’Azil. En effet, la particularité de notre paroisse est qu’elle est constituée depuis les origines mêmes de la Réforme et n’a jamais été délocalisée, ni n’a eu à subir, jusqu’à présent, la co-existence d’une autre Église protestante. Cette stabilité peut être vue comme un privilège mais parfois aussi comme une tradition qu’on aimerait rajeunir. Pour moi elle est d’abord un défi : comment honorer la fidélité du Seigneur envers son Église et lui faire prendre toute sa place dans notre 21e siècle débutant ? Concrètement, comment faire pour que l’Église du Mas d’Azil subsiste et se développe dans un contexte démographique défavorable et économique qui ne l’est pas moins ? En effet, si l’on considère le repli du marché du travail et la disparition progressive de familles engagées qui soutenaient les finances de la paroisse, on a de quoi s’inquiéter pour l’avenir… L’avenir justement relève du miracle… Mais, justement, l’Église n’est-elle pas un miracle permanent ?

Voici, précisément, à travers ce panorama de nos activités, le témoignage de signes d’espoir et de vie.

Si le nombre de mariages est en diminution, pour le moment, l’effectif jeunesse ne l’est pas vraiment. La rentrée 2009 enregistre 12 enfants à l’école biblique, 10 petits enfants pré-inscrits pour la rentrée suivante 2010/2011 ; 5 pré-adolescents au catéchisme, et deux contacts. L’an passé, la communion a réuni 6 adolescents qui ont pris la Sainte-Cène pour la première fois. Ce sont là des chiffres sommes-toutes plutôt sains.

Afin de motiver l’esprit de dialogue parmi les enfants, nous organisons une fête de rentrée à la fin du mois de septembre. Elle offre la particularité de réunir tous les enfants catéchisés des deux communautés catholique et protestante. Pourquoi cela ? Simplement car dans le cadre d’un village de la taille du Mas d’Azil, les enfants se connaissent bien, ils parlent entr’eux de leurs activités extra-scolaires et ceux qui sont issus de familles chrétiennes trouvent normal d’être réunis autour de l’Évangile, au delà des différences religieuses qu’ils trouvent secondaires. Grâce à cette initiative, on s’aperçoit que les enfants ont plus de liberté pour parler de leur foi à l’école. Une réflexion illustre notre propos :
Romain dit à Alexis : « Je ne savais pas que toi aussi tu allais au caté ; maintenant on sera encore plus copains ! »

Un gros effort reste à faire pour la jeunesse qui ne fréquente pas assidûment la paroisse. Il existe un groupe de jeunes adultes, engagés dans la vie professionnelle, principalement des jeunes agriculteurs, qui se réunit périodiquement et auquel participent des protestants mais aussi des catholiques. Parallèlement à cette activité, nous sommes en train de lancer un groupe de jeunes pour les 15-25 ans. Une jeune fille récemment venue dans notre Église ainsi qu’un jeune homme lui aussi récemment arrivé vont se lancer dans ce ministère et ont besoin de notre prière et de tous nos encouragements.

Autre nouveauté : la reprise d’une réunion de prière régulière pour le Réveil de l’Église et pour les besoins de nos paroisses (malades, jeunes, finances…) Elle a lieu chaque 15 jours, en soirée, au domicile de la trésorière et de son mari et draine un petit groupe qui prie fidèlement dans une ambiance très fraternelle.

L’Étude biblique est un classique dans la vie de notre Église. Chaque semaine en période scolaire, un groupe se réunit sous la direction du pasteur pour étudier un livre de la Bible. Cette année, l’Évangile de Luc.

Le conseil presbytéral se rencontre régulièrement. Beaucoup de pain sur la planche avec le projet en cours de rénovation du Temple mais aussi la gestion d’une paroisse vieillissante. Toutefois, la motivation ne manque pas.

Autrefois, au Mas d’Azil, les relations entre catholiques et protestants restaient distantes, même si on ne se fait plus la guerre depuis longtemps. Ces dernières années, une volonté affichée de part et d’autre nous pousse à la rencontre. Il existe bien sûr la rencontre de la semaine de l’Unité des chrétiens, au mois de janvier. Mais cette maigre pitance ne suffisait pas pour les estomacs œcuméniques des ariégeois… Ainsi, à l’instigation d’une sœur catholique, est née l’idée de rencontres dominicales. Il se trouve que fin août, après les différentes kermesses, le pasteur et le curé partent en congés. On a profité de cette carence des « clercs » pour que les laïques entre eux, pendant deux dimanches organisent la célébration dominicale en lieu et place de la messe et du culte. On se réunit alternativement au temple et à l’église. Cette expérience originale se déroule depuis trois ans maintenant et, à notre connaissance, elle est peut-être unique en France. Voilà le résultat d’une volonté réciproque de vivre l’unité en Christ, sans renoncer à nos convictions.

L’accueil des pèlerins de St-Jacques. Depuis quelques années, en accord avec l’évêché de l’Ariège, nous accueillons des pèlerins en route pour Saint Jacques de Compostelle. Le Mas d’Azil étant une étape traditionnelle sur la voie dite « du Piémont » qui passe par notre village. La paroisse est en train d’investir dans la rénovation d’un local destiné à héberger ces pèlerins. A titre symbolique, les responsables ont souhaité que l’accueil au Mas se fasse en terroir protestant, afin que ces marcheurs de la foi vivent une rencontre avec les Églises de la Réforme. Il faudrait un long article pour évoquer les rencontres formidables que nous vivons avec tous ces chercheurs(ses) de Dieu. Qui dira combien de fois la semence de l’Évangile a été répandue dans les cœurs et qui verra le fruit qu’elle porte ? Nous n’avions pas prévu non plus, à quel point ces hôtes particuliers que nous pensions « aider » nous aident réciproquement à grandir dans notre foi, au regard de leur motivation exemplaire et des richesses spirituelles et humaines qu’il nous apportent à domicile.

La volonté de notre communauté est aussi de profiter et de faire profiter des richesses de son histoire au sein des communautés appartenant à la fédération protestante de notre département et des départements limitrophes. Il y a maintenant 4 ans, le conseil presbytéral du Mas-d’Azil, sur proposition de son président a décidé de créer un grand rassemblement sur le parvis de la grotte. Celui-ci a lieu le dernier dimanche de Juin et c’est l’occasion pour les protestants de se retrouver sur un lieu hautement significatif de notre histoire protestante locale pour partager un culte et célébrer la Sainte-Cène en plein air, de profiter des stands (librairie, boutique, pâtisseries…), de continuer d’échanger au cours d’un repas tiré des sacs. La veille, une conférence a lieu aux Bordes sur Arize, communauté E.R.F. avec qui nous organisons cette manifestation.

Concluons ce rapide tour d’horizon de la vie de notre paroisse avec la « Vente » (kermesse) du 15 août. Drôle de date pour une fête protestante. A dire vrai, nous ne savons pas si elle fut choisie simplement pour profiter d’une date fixe correspondant à un jour de congés estival ou plutôt pour « concurrencer » la fête de la Vierge… En tous cas, la kermesse protestante est une institution dans le village. Avant le jour « J » toute une armée de dames (en général ! Mais il y a aussi quelques hommes) se mobilise pour préparer des montagnes d’oreillettes (fine pâtisserie frite) et des croustades aux pommes. D’autres personnes au fil de l’année réalisent des confections de toutes sortes et parfois organisent des vide-greniers. Le sommet de l’événement, après le culte est le grand repas avec la spécialité locale de la « mounjetado » (cassoulet ariégeois) qui est préparé, toujours par des bénévoles et par un « chef » expérimenté. A la fin de la journée, tout l’argent est regroupé et cet argent permet à lui seul de financer presqu’un tiers de notre cible annuelle. Qui dira l’effort et la persévérance de toutes ces petites mains qui s’activent pour la réussite de cette journée exceptionnelle ? Derrière ce geste, il y a un coeur « gros comme ça ! » qui aime le Seigneur et qui aime son prochain et veut les servir. N’allez pas croire que ce genre de kermesse soit uniquement une affaire d’argent, c’est aussi l’occasion d’une rencontre amicale et chaleureuse autour d’un bon repas précédé par un culte. Nous voilà sur le terrain de l’Évangile de Jésus.

Pasteur Bernard Bordes
(Nuance n° 200)